Le chateau d'Arrabloy

An de grâce 1314. Philippe le Bel, roi de France, vient de décapité l'Ordre du Temple en brûlant Jacques de Molay. Il espère ainsi s'emparer de leurs trésors afin d'assainir les finances du Royaume. En effet l'achat du Quercy aux Anglais a coûté pas moins de 3000 livres. Cette région a désormais besoin d'un fidèle pour l'administrer, et ce sera un intime du Roi : Jean II d'Arrabloy. Fraichement nommé Sénéchal du Quercy et du Périgord, Jean II doit livrer de nombreux combats contre les Anglais, ce qui contribuera à sa renommée.

  Nous sommes désormais en 1319. Jean II vient passer quelques temps dans son chateau d'Arrabloy avec sa fille Marguerite. Il est très content de pouvoir faire visiter sa demeurre à des voyageurs du XXIe siècle. Et nous entammons le tour du chateau avec explications techniques et quelques anecdotes à la clé.

Nous passons la porte et nous nous retrouvons à présent à l'intérieur où une charmante suivante nous accueuille (Non, ce n'est pas elle sur la photo). La visite continue jusqu'à l'arrivée d'une Damoiselle portant un gant étrange. Nous venions à peine d'entammer les présentations qu'une ombre s'élance de la tour de la porte, rasant les têtes, pour venir atterir sur le fameux gants.

Il s'agit de Buba le Grand Duc, qui n'a pas de grand que le nom. Et quand il passe au dessus de ma tête, je prie pour qu'il ne confonde pas ma tonsure avec un lapin (même si en l'occurence on a jamais vu un lapin sans poils). La Damoiselle nous invite alors à sortir de l'enceinte afin d'assiter à une démonstration de vol et de chasse.

Nous voyons donc s'envoler des remparts pour attraper sa proie en plein vol, ce qui semble être une buse de Harris...bluffé. Deuxième démonstration avec une proie tirée par un cheval au galop... encore soufflé, même si d'après la fauconnière, le rapace semble un peu fatigué.

Puis vient le final avec le majestueux aigle Pygargue à tête blanche. Et Dame Marguerite semble aussi insensible à son charme que toute l'assemblée à celui de son hôtesse. Non sans appréhensions, aussi bien pour moi qui me trouve près du gant, que pour elle, nous attendons l'arrivée de la bête majestueuse. Magnifique spectacle que cette pose, ailes déployées. Toujours désireuse d'étonner son père, Marguerite d'Arrabloy nous montre ensuite ses talents de cavalière. Pour pimenté un peu les enjeux, le seigneur Jean propose alors un tournoi opposant sa fille à un gentilhomme de ses favoris, Philippe de Courtenay. Les festivités battent leurs pleins lorsqu'arrive un cavalier au sombre dessein. En effet celui-ci, félon à la solde de l'Anglois, (j'ai oublié son nom) revendique la suzerraineté des terres d'Arrabloy et par la même, la fille du seigneur. Jean d'Arrabloy lui propose un duel contre son champion Philippe de Courtenay : ce sera une joute en trois lances brisées, ce qui signifie que le premier à désarçonner ou à briser ses trois lances sur l'adversaire remporte le tournoi. Après un début difficile, Philippe remporte finalement le tournoi. En remerciement, son seigneur l'adoube et lui donne sa fille. Le mariage aura lieu vers 1320 et six ans plus tard naitra une petite fille du nom de Marguerite. Mais ça, c'est une autre histoire...