Druyes-les-belles_fontaines

L'étape suivante nous mène au petit village de Druyes-les-belles-fontaines,  au coeur de la Forterre. D'allure pittoresque, il possède néanmoins plusieurs sources qui donnent naissance à la Druyes, qui à aussi donné son nom au village, ainsi qu'un ancien château médiéval appartenant à la puissante famille de Nevers.

Je crois qu'il est intéressant de faire un point généalogique sur la famille de Nevers par rapport au roi de France. Louis VI le gros, roi des Francs de 1108 à 1137, a eu trois fils dont Louis VII, futur roi de France, et Pierre Ier, qui deviendra seigneur de Courtenay. Il aura un fils, Pierre II de Courtenay (neuveu de Louis VII et cousin de Philippe Auguste), qui épousera Agnès Iere de Nevers, et deviendra ainsi seigneur de Courtenay, Comte de Nevers, d'Auxerre, de Tonnerre, puis empereur latin de Constantinople.  Cependant, la construction du château est antérieure. En effet, elle fut entrepris autour de 1147 par Guillaume II ou Guillaume III, Comtes de Nevers. Mais sous le règne de Philippe Auguste, il fut modernisé pour entrer dans les standards militaires imposés par le roi. Ensuite, par jeux d'alliances et de mariages, le domaine passera aux mains des Comtes de Flandre, des Ducs de Bourgogne, etc. jusqu'à ce qu'en 1735, quand le duc de Nevers revendit Druyes à Louis de Damas, marquis d'Anlezy. Après la Révolution, les différents propriétaires cessèrent de s'en occuper ce qui entama sa ruine. Ce n'est que depuis 1958 que les travaux de rénovation ont recommencés.

Lorsque l'on arrive au sommet du piton rocheux sur lequel repose la forteresse, nous franchissons tout d'abord une première porte. En effet à la différence de nombreux châteaux "modernisés" philippiens que j'ai déjà eu l'occasion de découvrir, celui-ci semble posséder une basse-cour, relique des premiers châteaux forts médiévaux. La basse-cour était, en général, réservée aux paysans et artisans en cas d'attaque. Elle servait à protéger le bétail et possédait également des forges, des moulins, des fours, et tout ce qui était nécessaire en cas d'attaque. La porte était barrée, semble-t-il, par un pont-levis (aujourd'hui disparu) et une herse. Enfin, la basse-cour était séparée de la haute-cour par une enceinte.

En remontant l'allée principale, nous arrivons eu de la seconde porte qui barre l'accès au château. Il s'agit d'une unique tour carrée surplombant l'entrée, parée de meurtrières et de mâchicoulis. Étant arrivé après la fermeture, je n'ai malheureusement pas eu l'occasion de visiter l'intérieur. Je m'arrêterai donc là pour le récit, en espérant néanmoins pouvoir de finir un jour.