Vézelay

Nous reprenons notre route plus au sud en suivant la Cure, ce qui nous amène à Vézelay. Perché sur une colline culminant à 330 m d'altitude, la basilique de Vézelay n'a pas toujours eu cette forme et cette position. En effet, à l'origine, il s'agissait d'un monastère de bénédictines construit dans la deuxième moitié du IXe siècle sur la commune de Saint-Père, et qui aurait abrité les reliques de Sainte Marie-Madeleine. C'est à cette période que les vikings normands commencent à piller la région, et l'abbaye n'y échappe pas. Elle est alors transférée en haut de la colline actuelle, et des moines bénédictins remplacent les moniales. Elle acquiert alors un statut particulier. En effet, rattachée à Cluny, l'abbaye profite d'une exemption, c'est-à-dire qu'en échange d'un versement annuel d'une livre d'argent au Saint-Siège, elle ne reconnait aucune autorité, qu'elle soit seigneuriale ou religieuse (autre que Cluny et Rome) ; une sorte "d'Etat dans l'Etat". Vézelay va alors connaître une grande renommée, déjà par la présence des reliques de Marie-Madeleine qui lui vaudront de devenir un important lieu de pélerinage, mais aussi par le prêche de la Première Croisade par le Pape Urbain II en 1096, puis celui de la Deuxième Croisade par l'abbé Bernard de Clairvaux en 1146, et enfin par le départ de Philippe Auguste et Richard Coeur de Lion pour la Troisième Croisade en 1190. A partir du XIIIe siècle Vézelay va connaitre un lent déclin avec la diminution des pélerinages et la fin de ses privilèges, notamment son rattachement au domaine royal en 1280. Sa population diminue, et à la veille de la Révolution, sa taille est celle d'un petit bourg. Du côté des religieux, les moines bénédictins laissent la place aux chanoines et la direction passe aux abbés commendataires. Sa restauration débute en 1840, sous la coupe de l'architecte Viollet-le-Duc.

Eglise de Saint-Père

Sur le chemin du retour, nous passons par Saint-Père. Le village semble assez banal, cependant notre attention est attirée par l'église, très originale. En effet, construite entre le XIIIe et le XVe siècle, Notre-Dame de Saint-Père est un bel exemple d'art gothique flamboyant. Le clocher, flêche comprise, mesure 50m de haut, et le parvis est couvert par un énorme porche en pierre clos. Après cette courte pause, nous repartons pour les Fontaines Salées, site archéologique qui doit son nom au fait que de l'eau remonte des profondeurs en traversant une couche d'argile salée. L'eau arrivant en surface est légèrement salée. Mais le temps nous manquant, nous avons préféré laisser ce site pour nous rendre sur le domaine d'un grand homme, génie militaire, qui dota la France d'une "ceinture de fer"...