Le Hohlandsbourg

    Situé sur la montagne dont il porte le nom, le Hohlandsberg  ("montagne du haut-pays"), et bien que le site soit exploité depuis l'âge de bronze, le chateau n'est construit qu'en 1279 par le prévôt impérial de Colmar, Sigfried de Gundolsheim. Impérial, car à cette époque l'Alsace fait partie du Saint Empire Romain Germanique dirigé par la prestigieuse maison des Habsbourg. Le chateau, à ses début, ne comprend que l'Oberschloss, qui peut s'apparenter à une haute cour fortifiée ou un "mini-chateau" placé sur le point le plus élevé, avant d'être clos par un rempart fermant une superficie de 400x200 mètres. Mais trois ans plus tard, l'Empereur Rodolphe destitue Sigfried et reprend le chateau pour son compte avant de le redonner en fief aux sires de Ribeaupierre en 1363. Puis par mariage, la chateau passe aux mains des comtes de Lupfen en 1398 qui le revendent ensuite à Lazare de Schwendi en 1563. Schwendi, célèbre homme d'état et militaire, va alors améliorer ses défenses, notamment avec la construction d'un bastion à deux casemates et l'apport de douze pièces d'artillerie, dont 3 canons lourd sur roues donnés par l'Empereur Maximilien 1er et un mortier.

    En 1632, en pleine Guerre de Trente Ans pendant la période suédoise (1630-1635), l'armée de Suède s'empare de la Haute-Alsace  et renforce Colmar afin de contrer toute attaque venant du Hohlansbourg toujours Habsbourgeois. En 1633 ils décident de monter à l'assaut de la forteresse tenue par la petite-fille de Schwendi. Les Suédois s'en emparent sans trop de difficultés et l'artillerie est redescendue afin de renforcer Colmar. A partir de 1635 les Français, qui s'étaient jusque là tenus à l'écart des combats, vont prendre la relève de leur allié suédois (période française de 1635 à 1648). En 1637, à l'annonce de l'arrivée d'une forte armée autrichienne, les Français décident de démanteler la forteresse à grands renforts d'explosifs. Cependant, l'essentiel des murs reste debout. Dans les années 1870, des travaux de déblaiements et de restaurations sont entrepris. Un siècle plus tard, les travaux reprennent afin de sauver la ruine qui accueille aujourd'hui plus de 45000 visiteurs par an, ainsi que des spectacles médiévaux et de nombreuses animations.

Les Trois Châteaux du Haut-Eguisheim

    Perché à 591m d'altitude au sommet du Schlossberg ("Montagne du chateau"), se dressent, à quelques mètres les uns des autres, les ruines de trois chateaux, le Wahlenbourg au centre, le Dagsbourg au nord et le Weckmund au sud. Mais il n'en fût pas toujours ainsi car se site du Haut-Eguisheim s'était vu doté vers le IVe siècle, d'une forteresse romaine dont les fondations serviront, à partir du XIe siècle, à la construction du Wahlenbourg ("chateau des romains"). A cette période, toute la région du Nordgau (en gros la basse-Alsace) est sous la protection des comtes d'Eguisheim. Vers 1140, les Comtes de Ferrette, par mariage, obtiennent un tiers du chateau. C'est pendant la seconde moitié du XIIe siècle, qu'un second chateau est érigé au nord, le Dagsbourg ou Dabo, puis un troisième au sud, le Weckmund (ou Vaudémont). En 1220, malgré trois mariages, la dernière descendante des Eguisheim meurt sans enfant. Une bataille pour la succession de cet immense héritage qu'est le Dabo-Eguisheim, va alors débuter. Y participent entre autres, les Comtes de Ferrette qui en possédent déjà un partie, Simon de Linange, mari de la défunte, les évêques de Strasbourg et de Metz, le duc du Brabant, les Margraves1 de Bade, le duc de Luxembourg, le duc Mathieu II de Lorraine et l'Empereur Frédéric II de Hohenstaufen en personne ainsi que son fils Henri VII. Un accord est finalement trouvé en 1251 octroyant le Dabo à l'évêque de Strasbourg et les Wahlenbourg-Weckmund aux Ferrette. En 1324, les biens de ces derniers reviennent aux Habsbourg qui vont alors confier les chateaux à divers familles. Les seigneurs de Hattstatt sont les derniers occupants. En 1466 Hermann Klée vint se plaindre auprès de Pierre de Reguisheim, seigneur de Hattstatt, du non-paiement de six deniers bâlois que lui doivent des meuniers de Mulhouse. L'affaire se transforme alors en "Guerre des six deniers". Le chateau, assiégé, est brûlé et les occupants, dont Pierre de Reguisheim et Hermann Klée, sont exécutés. Le Dagsbourg, dernier encore debout, est abandonné deux siècles plus tard.

 

1 On peut traduire Margrave (ou Markgraf en allemand) par Comte de la Marche. Une Marche était généralement une province frontalière du Saint Empire Romain Germanique.

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