Sélestat

    Selon la légende, le géant Sletto aurait fondé un bourg nommée alors Schlettstadt (la ville de Sletto). Dès le VIIIe siècle, il fait partie du domaine de Kintzheim, mais c'est vers le XIe  siècle, avec l'arrivée des moines de Conques, que le bourg va commencer à se développer. Ceux-ci vont s'installer dans l'église Sainte Foy construite par Hildegarde de Buren, grand-mère du futur empereur romain germanique Frédéric Barberousse. Le prieuré va diriger la ville, jusqu'à ce qu'en 1217, l'empereur romain germanique Frédéric II de Hohenstaufen accorde à Schlettstadt son statut de ville libre. La bourgeoisie prend alors les rennes de la ville. L'église paroissiale Saint Georges de style gothique est construite à quelques mètres de l'ancienne église romane Sainte Foy. La cité va alors connaître un tel essor, qu'elle se joint à la Décapole1 en 1354. Mais la Guerre de Trente Ans va marquer le début du déclin des grandes villes alsaciennes et Schlettstadt n'y échappe pas. D'abord occupée par les Suédois en 1632, puis par les Français en 1634, elle sera annexée par Louis XIV et fortifiée par Vauban en 1674. Son nom est alors francisé en Sélestat, puis elle devient garnison de l'armée et voit disparaitre son statut de ville libre. Après la guerre franco-prussienne de 1870, Sélestat redevient allemand et va connaitre un second age d'or jusqu'en 1914-1918 où la guerre va à nouveau la rattacher à la France. Puis en 1940 c'est un retour à l'Allemagne, jusqu'en 1944-45 où après de violents combats entre allemands et américains, la ville est liberée et redevient française.

 

1 La Décapole était l'alliance de dix villes libres alsaciennes au sein du Saint-Empire Romain Germanique, en une ligue fondée en 1354 qui avait pour vocation de favoriser une coopération entre ces villes notamment pour l'alliance militaire et l'entraide financière en cas de banqueroute.La Décapole est dissoute en 1679.