Le village médiéval de Brancion

Perchée sur les hauteurs de la montagne Vannière dans les monts du maconnais, dans le département de Saône et Loire, la fière cité médiévale de Brancion nous ouvre ses portes. Elle n'est certes pas comparable à d'autres comme Pérouges, mais elle n'en fut pas moins importante de par sa position qui faisait d'elle un verrou sur la route reliant Cluny à la Saône.
Un peu d'histoire

Son histoire semble débuter autour du Ve siècle lorsque les premiers seigneurs de Brancion s'établissent dans la région, donnant leur nom au lieu. Puis au Xe siècle la famille Garoux prend possession de la seigneurie. Au XIIe siècle la famille Gros échoie de cette seigneurie et celle d'Uxelles. Derrière sa devise "Au plus fort de la mêlée", elle en profite alors pour piller et batailler et entre du coup en conflit avec la puissante Abbaye de Cluny. Cette dernière ce plaint auprès du Comte de Chalon leur suzerain. Vers 1214, Jocerand III Gros signe la paix avec Cluny et part pour les Croisades au côté de Saint-Louis. il mourut glorieusement à la bataille de Mansourah. Ruiné par l'effort financier fournit pour l'armée croisée, son fils Henri II Gros n'a d'autres choix que de vendre ses terres à Hugues IV, duc de Bourgogne. La seigneurie devient alors chatellenie ducale et le chateau voit son confort et ses défenses améliorés, notament avec la construction du logis de Beaujeu. Dès 1409, le chateau reçoit une garnison permanente à cause de la guerre entre les Armagnacs et les Bourguignons, guerre qui se terminera en 1435 par le traité d'Arras. La paix ne revient pas pour autant car la région doit faire face aux anciens mercenaires réunis en bande, qui pilleront et tueront sous le nom d'Ecorcheurs jusqu'en 1476. Puis, à la mort de Charles le Téméraire un an plus tard lors de la bataille de Nancy, la seigneurie est rattachée au Domaine Royal et devient alors chatellenie royale. Puis, au cours du XVIe siècle, la France est secouée par les guerres de religions entre les Huguenots protestants et les catholiques. Dès 1562, alors que les églises de Chalon, Macon et Tournus sont pillées par les Huguenots, le clergé tournusien se réfugie à Brancion. La place forte, devenu alors un bastion de la Ligue catholique, est prise en octobre 1594, au cours du siège du colonel d'Ornano qui "voulut mettre ordre à Brancion" au nom du roi Henri IV. 4 ans plus tard, l'édit de Nantes est signé, mettant fin aux guerres de religion et marquant le début du déclin de Brancion.
Le village

La seule façon de pénétrer dans le village est par la porte. Dans la plupart des chateaux, elle est flanquée de tours et barrée par une porte, une herse, un pont, etc. Ici pas de pont ni de tours de flanquement et probablement pas de herse non plus vu sa configuration. mais la présence de l'archère au dessus de la porte, laisse à penser que le chemin de ronde l'enjambait. De plus le passage très étroit défendable de toute part et de haut (gauche, droite et la passerelle où je me trouve), devait rendre tout assault périlleux. Enfin la route menant à la porte dispose quand même de la protection des tours du chateau comme celle de la Chaul ou de Beaufort et de Longchamps.

Dès que l'on passe la porte (en bas à gauche), on débouche sur le village face à l'ancienne hostellerie du XVe siècle (cachée par l'arbre au centre). Si on remonte la rue principale, on trouve les halles du XIVe siècle dont la charpente est en chataignier et le puit construit au dessus des citernes. La fin de la rue principale nous conduit à l'église Saint-Pierre du XIIe siècle.
L'église Saint-Pierre

La première église de Brancion, placée sous le vocable de Saint-Pierre, est mentionnée en
964 dans une charte de l'Abbaye de Cluny. De petite taille, elle fut reconstruite au XIIème siècle, en moellons calcaires, à l'emplacement du sanctuaire primitif, à la pointe de l'éperon rocheux, sur
un plan en croix latine très élaboré, avec nef à cinq travées voûtées en berceau brisé, transept, bas-côtés, une abside, deux absidioles et un clocher carré, sur coupole à trompes à la croisée du
transept. L'intérieur est sombre car le vaisseau principal, peu élevé, ne possède pas d'éclairage direct, et seules les étroites baies des bas-côtés dispensent une lumière parcimonieuse. Les
peintures murales qui ornent une partie de l'édifice furent réalisées, à l'époque médiévale. A l'intérieur on peut y voir également le gisant du sire Jocerand III Gros, seigneur de Brancion et
d'Uxelles, mort en combattant lors de la bataille de Mansourah pendant la huitième croisade.
Le chateau

Le chateau, placé le long du chemin menant à la porte du bourg, en défend l'entrée. Pour cela, il dispose de cours fermées. La première accueille la tour de Beaufort, la maison de Beaufort, ainsi que la tour de la Chaul. La deuxième cours, dont on accède par le grand escalier longeant la maison de Beaufort, protège les magasins de vivres, le puit et la chapelle. Enfin la troisième cours, dernier refuge pour le seigneur et sa suite, dessert la tour de Longchamps, la tour du guet, la tour du Préau (ou tour des archives), ainsi que le donjon et la salle de Beaujeu. Ce chateau n'est pas construit selon les critères philipiens car sa construction primitive est antérieure au XIIIe siècle et qu'il n'a qu'un flanc à défendre. Quand on regarde sa position, on comprend facilement pourquoi il ne fut pris qu'une seule fois. En effet, du haut de son rocher, la forteresse était hors d'atteinte d'une artillerie classique et l'étroitesse du chemin d'accès ainsi que la présence des trois tours (Beaufort, la Chaul et Longchamps) empêchaient tout assaut de grand envergure.
Bonus

Lors de notre visite, nous sommes tombés face à deux belligérants se disputant la place. D'un coté une bande de marauds et de cossards venu du Genevois en quêtes de quelques rapines et de l'autre les fiers guerriers bourguignons défendant leurs terres (non je ne suis pas chauvin ^^). Nous avons également eu droit à quelques tirs de fauconneau et de traits à poudre.


Voilà près de 3 siècles et demi, un jeune alsacien du nom de Jérôme Hatt obtient son
diplôme de tonnelier-brasseur. C'est ainsi que le 9 juin 1664, la Brasserie du Canon voit le jour, le long des quais, à proximité de la cathédrale de Strasbourg...
Culminant à 757m sur les hauteurs du Staufenberg, le Haut-Koenigsbourg (Hohkönigsburg en
allemand, se traduisant par "haut château du roi"), domine la plaine rhénane.
Selon la légende, le géant Sletto aurait fondé un bourg nommée alors Schlettstadt (la ville
de Sletto). Dès le VIIIe siècle, il fait partie du domaine de Kintzheim, mais c'est vers le XIe siècle, avec l'arrivée des moines de Conques, que le bourg va commencer à se développer.